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Prestalgo

Reprise d'application

Notre développeur ne répond plus : comment reprendre notre application ?

L'inventaire à faire, les comptes à récupérer, la question du code source, et ce que coûte une reprise.

Par Alexandre Gougeon, fondateur de Prestalgo · Publié le · Lecture 6 min

« On est une petite association. Notre application a été développée il y a trois ans par un freelance. Il ne répond plus depuis des mois, l'appli plante sur les iPhone récents, et on ne sait même pas où est le code. Par quoi on commence ? »

La situation, telle qu'on la raconte à une IA
En bref

Commencez par faire l'inventaire de ce que vous possédez vraiment : code source, comptes Apple et Google, nom de domaine, hébergement, base de données. Tout ce qui est au nom du développeur doit être transféré au vôtre, et la cession des droits sur le code doit être écrite. Ensuite seulement, un nouveau prestataire fait un état des lieux et chiffre la remise en état. Sans le code source, il faudra le récupérer ou reconstruire.

1. Faites l'inventaire de ce que vous avez

Avant de chercher un remplaçant, il faut savoir ce que vous avez réellement entre les mains. Pour chaque élément, notez où il se trouve et, surtout, au nom de qui il est.

ÉlémentOù le trouverCe qu'il faut vérifier
Code sourceUn dépôt GitHub, GitLab ou Bitbucket, ou une archiveÊtes-vous propriétaire ou administrateur du dépôt ? Est-ce la dernière version ?
Compte Apple DeveloperApp Store ConnectAu nom de qui ? L'adhésion annuelle est-elle à jour ?
Compte Google PlayPlay ConsoleAu nom de qui ? Avez-vous un accès ?
Nom de domaineLe bureau d'enregistrement (visible dans l'annuaire « whois »)Qui en est titulaire ? Quand expire-t-il ?
HébergementLes factures de l'hébergeur ou du fournisseur cloudAu nom de qui ? Qui a l'accès administrateur ?
Base de donnéesChez l'hébergeurOù sont les sauvegardes, et de quand date la dernière ?
Services branchésPaiement, envoi d'e-mails et de SMS, notifications, cartesQui paie, et à quel compte appartiennent les clés d'accès ?

Cet inventaire prend souvent une heure, et il change toute la suite : un projet dont vous détenez les comptes et le code se reprend ; un projet dont tout est au nom du développeur se négocie d'abord.

2. Récupérez ce qui n'est pas à votre nom

L'application sur l'App Store

Apple prévoit un transfert d'application d'un compte développeur à un autre. C'est le titulaire du compte qui contient l'application qui le lance, et le titulaire du compte qui la reçoit qui l'accepte. Pendant et après le transfert, l'application reste téléchargeable avec ses avis et ses notes, et les utilisateurs continuent de recevoir les mises à jour¹. Certaines conditions sont à remplir avant, notamment désactiver TestFlight.

L'application sur Google Play

Google prévoit lui aussi un transfert vers un autre compte développeur : la demande part de la Play Console du compte d'origine, et le titulaire du compte de destination l'approuve. Il faut fournir les identifiants de transaction des frais d'inscription des deux comptes. Utilisateurs, statistiques, avis, notes, abonnements et fiche du store suivent l'application ; les rapports de paiement et de revenus, non².

Le nom de domaine

Seul le titulaire d'un nom de domaine peut en obtenir le code d'autorisation (on dit aussi code de transfert ou « AuthInfo »), qui permet de le déplacer chez un autre bureau d'enregistrement³. Si le domaine est au nom du développeur, il doit d'abord en changer le titulaire. C'est l'élément le plus urgent à vérifier : un domaine qui expire sans être renouvelé emporte avec lui le site et les adresses e-mail.

Dans tous ces cas, la procédure demande une action de la personne qui détient le compte. Si elle reste injoignable et refuse de coopérer, gardez la trace de vos demandes écrites : la suite relève d'un avocat, pas d'un prestataire technique.

3. Vérifiez à qui appartient le code

C'est la question que beaucoup découvrent trop tard : avoir payé le développement ne suffit pas toujours. En droit français, un freelance ou une agence reste titulaire des droits d'auteur sur le code qu'il écrit, sauf cession. Et cette cession doit être écrite : chaque droit cédé doit y être mentionné, et son exploitation délimitée en étendue, en destination, en lieu et en durée⁴.

Relisez donc votre contrat ou vos devis signés. S'il n'y a pas de clause de cession, demandez à l'ancien prestataire de signer une cession écrite avant de confier le code à quelqu'un d'autre. En cas de désaccord, c'est une question à poser à un avocat.

4. Faites faire un état des lieux avant tout devis

Une fois les accès récupérés, un nouveau prestataire doit examiner l'existant avant de chiffrer quoi que ce soit. Un état des lieux sérieux vérifie au minimum :

  • les versions des outils et des bibliothèques utilisées, et leurs failles connues ;
  • la conformité aux exigences actuelles des stores. Par exemple, depuis le 31 août 2026, Google Play demande que les nouvelles applications et les mises à jour ciblent Android 16, et une application existante qui cible une version antérieure à Android 15 n'est plus proposée aux nouveaux utilisateurs dont le téléphone a une version d'Android plus récente que celle qu'elle cible⁵ ;
  • l'état du compte Apple : sans adhésion active, les applications ne sont plus téléchargeables sur l'App Store⁶ ;
  • les sauvegardes : existent-elles, et une restauration a-t-elle déjà été testée ?

Une application qui « plante sur les iPhone récents » souffre le plus souvent d'un retard de mises à jour, pas d'un défaut irréparable. Mais seul l'état des lieux permet de le dire.

5. Remettre en état, puis maintenir

Le plus souvent, une remise à niveau suffit : mise à jour des outils, corrections, remise en conformité. Une reconstruction ne se justifie que si l'état des lieux montre qu'elle coûtera moins cher que de maintenir l'existant, ou si le code source reste introuvable.

Pour ne pas revivre la situation, prévoyez ensuite un contrat de maintenance qui fixe par écrit les délais d'intervention, et gardez à votre nom le code, les comptes des stores, le domaine et l'hébergement. Le prestataire y accède avec les droits que vous lui donnez, et vous pouvez en changer sans repartir de zéro.

Combien coûte une reprise ?

Tout dépend de la taille de l'application, de son état et des accès dont vous disposez. Chez Prestalgo, la reprise et la maintenance se chiffrent sur analyse de l'existant, à partir de 500 € HT, avec une proposition écrite après l'état des lieux. Voir aussi notre page reprise d'application.

Questions fréquentes

Le développeur peut-il garder le code de notre application ?

Sans cession écrite des droits, il en reste l'auteur au sens du droit d'auteur, même si vous avez payé le développement. C'est pourquoi un contrat de développement doit prévoir la cession des droits sur le code ; à défaut, faites-la signer avant de changer de prestataire.

Peut-on reprendre une application sans son code source ?

On ne peut pas la modifier sans le code source. Il faut le récupérer auprès de l'ancien développeur, ou reconstruire l'application. L'état des lieux permet de choisir la solution la moins coûteuse.

Notre application a disparu de l'App Store, est-ce lié ?

Souvent, oui : une adhésion Apple Developer non renouvelée rend les applications indisponibles au téléchargement. Après le renouvellement, Apple indique qu'il n'est pas nécessaire de les soumettre de nouveau.

Sources

  1. Apple, « Overview of app transfer », aide App Store Connect, consulté le 8 novembre 2026 : developer.apple.com
  2. Google, « Transférer des applications vers un autre compte de développeur », aide Play Console, consulté le 8 novembre 2026 : support.google.com
  3. ICANN, « Code d'autorisation », termes et acronymes de l'ICANN, consulté le 8 novembre 2026 : icann.org
  4. Code de la propriété intellectuelle, article L131-3, Légifrance, consulté le 8 novembre 2026 : legifrance.gouv.fr
  5. Android Developers, « Exigences de Google Play concernant le niveau d'API cible », consulté le 8 novembre 2026 : developer.android.com
  6. Apple, « Program Renewal », Apple Developer, consulté le 8 novembre 2026 : developer.apple.com
Alexandre Gougeon

Alexandre Gougeon, fondateur de Prestalgo, développeur full stack depuis 2015. Prestalgo fait tourner et maintient les applications de SAUVLife, Youngs Job et Groume.

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